Huguette Junod


Biographie

Huguette Junod est née à Genève. Dès l’âge de 13 ans, elle publie des contes pour enfants dans un hebdomadaire et depuis ses 17 ans, pratique le journalisme libre pour différents journaux et revues.

Elle a touché à tous les genres : la poésie, la nouvelle, le récit, le théâtre, l’essai.

A partir de 1968, parallèlement à son écriture personnelle, elle enseigne le français et la littérature à l’école secondaire genevoise.

Elle anime des ateliers d’écriture dès 1986.

Une année plus tard, elle crée sa propre maison d’édition (Les Editions des Sables), qui vient de fêter ses 25 ans.

Son travail de diplôme, DEA 3e Cycle, en « Etudes genre » porte sur le sexisme des manuels scolaires utilisés à Genève (SES, Genève, 1998), et elle a conçu un guide méthodologique de 700 pages (en 7 documents) destiné aux professeur-e-s du post-obligatoire (DIP, Genève, 2005).

Elle a organisé différentes rencontres culturelles, dont les Journées de l’APA (Association pour l’Autobiographie) qui se sont tenues à Genève du 25 au 27 mai 2012, dans le cadre du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.

Elle a reçu deux fois le Prix des Ecrivains genevois, en 1986 pour Ceci n’est pas un livre (récit sur le marathon d’écriture d’Avignon 1984) et en 2008 pour son poème Le choix de Médée, paru en version bilingue français-grec.

Plusieurs de ses poèmes ont été interprétés en public, à Genève et en Grèce.

Passionnée par la Grèce, elle y retourne chaque année depuis 1980, apprend le grec et revient de ses séjours avec une moisson de poèmes. Dans les Sporades, sous forme de haïkus, a paru au printemps 2012.

Ses livres peuvent être commandés à ed.des.sables@bluewin.ch


Publications

Abreuvoir, poèmes, Ed. Pajouvertes, Genève, 1975 (épuisé).

Contes et Nouvelles d’auteurs suisses romands, anthologie (en collaboration avec Marthe Monnet-Délez), Cycle d’orientation de Genève, 1976-1980.

Nos dix-huit Saisons, poèmes, Ed. du Panorama, Bienne, 1982 (épuisé).

Il a suffi d’une Eau, poèmes, Ed. Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1985 (épuisé).

1985, Une autre Réponse, événements et poèmes, Ed. Eliane Vernay, Genève, 1986.

Ceci n’est pas un Livre, récit écrit pendant le marathon d’écriture d’Avignon 1984, Prix de la Société genevoise des écrivains 1986 offert par la Ville de Genève, Ed. des Sables, coll. « Sablier », Genève, 1987.

Petites Annonces pour Grand Amour, récit, Ed. des Sables, coll. Sablier », Genève, 1988 (réédité en 1991).
Le Retour de Perséphone, poème de 1001 vers, version bilingue français/grec (trad. Errikos Hadjanestis), Ed. des Sables, Genève / Daedalus, Athènes, coll. « Rose des sables », 1989.

Les Aspirations d’un Aspirateur, nouvelles, Ed. des Sables, coll. « Château de sable », Genève, 1990.
Asters et Zébrures, souvenirs par ordre alphabétique, petites chroniques des années 50-60, suivi d’un « petit traité de méthodologie » pour faire écrire adultes et enfants, Ed. des Sables, coll. « Sablier », Genève, 1991.

Nue, poème sur la création, la naissance, la vie, la mort, illustré par 18 dessins à l’encre de Chine de Jean Brulhart, papier guardapat, Ed. des Sables, coll. « Rose des sables », Genève, 1992.

Quand la terre sera blanche, poèmes, version bilingue français/grec, (trad. Errikos Hadjanestis), Ed. des Sables, Genève / Daedalus, Athènes, coll. « Rose des sables », 1994.

De l’idéologie sexiste des manuels scolaires à une éducation égalitaire, Analyse de quelques manuels de lecture, de grammaire françaises et de méthodes d’allemand utilisés à Genève depuis la fin du XIXe siècle à nos jours, Travail de diplôme 3e Cycle « Etudes genre », SES, Université de Genève, 1998.

Si les femmes nous étaient contées…, guide méthodologique destiné aux profs du post-obligatoire afin d’intégrer des femmes dans leur enseignement, Ressources et développement, DIP, Genève, 2005.

Les jolis ateliers d’écriture, 20 ans d’ateliers d’écriture (présentation, méthodologie, exercices illustrés par 200 textes des participant-e-s, 67 pages de bibliographies), Ed. des Sables, collection « Limon », Genève, 2007.

Le choix de Médée, version bilingue français/grec (trad. Mirka Skara), Ed. Samizdat, Genève, 2009, Prix des Ecrivains genevois 2008.

La complainte d’Ariane, version bilingue français/grec (trad. Mirka Skara), Ed. Samizdat, Genève, 2011.

Dans les Sporades, haïkus, Ed. des Sables, coll. « Roses des sables », subvention du Département de la culture de la Ville de Genève, 2012.

Extraits de texte de l’auteur

Coeur de caïman

Le choix de Médée

La Colchide est une terre sauvage
qui se nourrit de sang
où s’abreuvent les sorcières

En chacune la nuit
les ténèbres rougies
les entrailles tordues
les formules transmises
depuis la nuit des temps

En Colchide le vent
est plus violent qu’ailleurs
la terre est plus brûlée
Le soleil est si dru
que le temps s’évapore
le vent souffle si fort
que les troncs sont ployés
et rampent sur la terre

Là-bas vivait un roi
de son nom Aeétès
fils du Soleil et de Perséis l’Océanide
avec sa femme Hécate
son cadet Absyrtos
sa fille Médée la magicienne
prêtresse d’Artémis

De sa tante Circé
elle détient le secret
de puissants élixirs
et possède la plante
du sang de Prométhée

On règle un sacrifice
pour honorer les dieux
Le peuple est rassemblé
pour la cérémonie
que préside Médée
en habit d’apparat
sa longue robe rouge
et ses bijoux massifs

Médée lève le bras…
Les femmes sont savantes
des faits de la nature
On dit aussi sorcières
ou parfois magiciennes
Elles connaissent les plantes
et pétrissent la vie
Les hommes en sont jaloux
et veulent les brimer
leur ôter leur pouvoir
les nier les brûler
les forcer les violer
les charger de leur rage
et de leur désespoir

Médée lève le bras…
Au loin la terre poudroie
C’est Jason qui arrive
avec ses compagnons
armée de conquérants
venus jusqu’en Colchide
quérir la Toison d’Or
le pouvoir de Médée
le pouvoir de la Femme…

La complainte d’Ariane

Tous les lieux de la Crète
me renvoient ton image

Chaque écume marine
me murmure ton nom
ou festonne tes lèvres
Je perce ton regard
au fond de l’eau
J’ouvre mon ventre
à ton reflet
Tu deviens une flamme
sur ma mer embrasée
J’ai contenu ta soif
et j’ai voulu mourir
plutôt que de trahir
supplié Artémis
de m’envoyer ses flèches
ou de lâcher ses chiens
Pourquoi faut-il toujours
que l’Homme notre Ennemi
règne sur notre cœur
terrasse notre corps ?

O ma sœur
ô Médée
qu’avions-nous fait aux dieux ?
Ne sommes-nous que grains de sable
dans leurs jeux de pouvoir ?
Toutes deux étrangères
dans l’insolente Grèce
percées par Aphrodite
jusqu’à la déraison…
Nous tuons notre frère
trahissons notre père
déchirons notre mère
Qui sommes-nous ?
Qui serons-nous demain ?

Je me serais noyée
mais le trait d’Aphrodite
tournoyait dans ma plaie
et amplifiait ma fièvre…

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Petites annonces pour grand amour

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